1 - Une augmentation constante des taux d’incidence et de prévalence de l’IRC terminale
L’élévation constante du nombre annuel de nouveaux patients en l’IRC terminale et plus particulièrement de ceux pris en charge au 31/12 de chaque année, pose un réel problème de santé publique.
En effet, dans la région, le nombre de patients, pris en charge au 31 décembre 2015 par rapport à celui du 31 décembre 2011, s’est accru de 18.7 % soit 650 patients supplémentaires en cinq ans (3 470 patients en 2011 et 4 120 en 2015). Si cette tendance se poursuit, il sera nécessaire de renforcer l’offre en dialyse.
47 % des patients pris en charge au 31/12 de chaque année, sont pris en charge en dialyse et 53 % en transplantation. La greffe doit rester la modalité privilégiée et son développement soit être renforcé.
2 - Une répartition des prises en charge selon les différentes modalités de dialyse pas satisfaisante
L’étude des prises en charge, en 2015, selon les différentes modalités de dialyse (hors DP) montre que :
- l’hémodialyse en centre reste de loin la modalité la plus utilisée en Pays de la Loire (66 % en 2015 et 68 % en 2014), comme en France (58 % des modalités de dialyse, hors DP) ;
- le pourcentage de patients ligériens, pris en charge en autodialyse a significativement chuté : 18 % en 2010 et 12 % en 2015 (pour mémoire la part de l’autodialyse France entière atteint 19 % en 2015) ;
- Conformément à l’objectif du PRS1 de développer la modalité en UDM, le pourcentage de patients pris en UDM a régulièrement augmenté (9.3 % en 2010 et 19.6 % en 2015) mais reste en dessous de la moyenne nationale (21.6 %) ;
- La dialyse à domicile reste très marginale (0.5 % de l’ensemble des modalités de dialyse) ;
Le développement de la dialyse péritonéale reste encore modeste (7 % de l’ensemble des modalités de dialyse en 2014 et 2015) et l’activité inégalement réparti : en Mayenne 0.9 % en 2014 (0 % en 2015) et en Loire-Atlantique 13.0 % en 2014). Les départements en dehors de la Loire Atlantique et de la Vendée, affichent des taux inférieurs à 6 %.
3 - Un maillage en termes d’offre pas toujours optimal
Dans la région, il a été identifié des zones géographiques éloignées :
- d’un centre d’hémodialyse de plus d’une heure, notamment en Loire-Atlantique,
- d’une unité de dialyse médicalisée de plus de 30 mn voire 45 mn. Parmi ces zones, celles, affichant des taux élevés de recours à la dialyse, justifient l’implantation d’une nouvelle UDM.
Par ailleurs le rapport REIN 2014 montrent que la moyenne et la médiane des durées de trajet pour les patients en hémodialyse sont respectivement de 26 et 22 minutes, valeurs plus élevées que celles obtenues France entière (24 et 20). De même, le pourcentage de patients ayant un trajet de plus de 45 mn est plus élevé (en 2015 : 12.0 % pour PDL versus 7.6 % France entière et en 2014 13.4 % pour PDL versus 11.7 % France entière).
Les objectifs du PRS1 d’implantations d’unités de dialyse médicalisée (UDM) n’ont pas été tous atteints, notamment dans la Sarthe où aucune nouvelle structure n’a été autorisée.
Par ailleurs, certains sites d’UDM dans la région sont déjà arrivés à saturation (comme en Vendée, deux ans après l’ouverture d’une unité).
4 - L’IRC : un parcours de soins complexe
Au cours de sa vie, un patient atteint d’IRC peut bénéficier de plusieurs possibilités de traitement : être dialysé selon différentes techniques, être greffé, retourner en dialyse après un rejet ou fin de vie de greffon, etc. Or, chaque étape présente les problématiques suivantes : le diagnostic d’insuffisance rénale, le recours au néphrologue sont encore trop souvent tardifs, comme le montre l’indicateur élevé d’entrée en dialyse dans un contexte d’urgence (taux 2015 national de 34 % et régional de 25 % avec des disparités entre départements de la région, entre 20 % à 43 %). Selon la CNAMTS, au niveau national, un quart des patients, entrant en dialyse, n’a pas eu de contact avec un néphrologue dans les douze mois précédant la dialyse.
5 – Un facteur limitant : la démographie insuffisante en néphrologie
La situation démographique 2015 des néphrologues reste encore fragile (2.27 pour 100 000 habitants pour la région, 2.3 pour la France), surtout au regard des départs en retraite prévisibles (17 % des néphrologues de la région ont plus de 59 ans) et des enjeux liés à l’augmentation de l’activité (consultations spécialisées, suivis de greffe, suivis de dialyse,…).
La situation est plus tendue en ce qui concerne la néphropédiatrie ; la région dispose d’un centre de greffe pédiatrique et du seul centre de dialyse pédiatrique du grand-ouest.